• La torture permettait de terroriser la population et de lui rappeler la toute-puissance de la FranceRAPHAELLE BRANCHE
    Comment des militaires francais ont-ils pu pratiquer la torture ? Pourquoi de teis massacres dans la rėgion de Palestro ? En axant ses travaux sur les sources de la violence, l'historienne, specialiste de la guerre dAlgėrie, en donne un nouvel ėclairage.

    La torture permettait de terroriser la population et de lui rappeler la toute-puissance de la France

    — Pourąuoi est-ce la guerre d'Algėrie, et non celle d'Indochine par exemple, qui aujourd'hui encore demeure asso-ciėe a la torturepratiąuėepar les mili¬taires francais?
    —La guerre d'Indochine a ėtė menėe
    dans un territoire lointain, oū la prėsence d'Europėens ėtait relative-ment faible comparėe a la colonie de peuplement ąu'ėtait l'Algėrie. Eile a surtout ėtė menėe par une armėe composėe exclusivement de profes-sionnels et de supplėtifs indigėnes. Si le PCF - alors premier parti de France mais trės vite dans l'opposition- se montra trės hostile aux dėparts de troupes en Indochine, c'ėtait la guerre elle-mėme qui ėtait contestėe, pas les mėthodes pour la faire. En Algėrie, la situation est oppo-sėe terme a terme: c'est une guerre menėe par le contingent, sur un ter¬ritoire proche avec une forte minoritė europėenne; une guerre qui ne rencontre pas d'opposition importante sur le fond mais seulement sur la forme, au moins jusqu'a ce que l'indėpendance soit admise a l'hori-zon. Or, c'est prėcisėment la pratique de la torture qui a, dės le dėbut, focalisė les critiques.

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  • attenta du Milkbar Ce dimanche soir, le Milk Bar, qui ouvrait sa terrasse, était bondé. La clientèle était très jeune. Au retour de la plage, c'était au Milk Bar que l'on mangeait les meilleures glaces d'Alger, et comme c'était dimanche, beaucoup de parents y avaient amené leurs enfants. Zohra Drif était seule, assise à une table au centre de la salle. Elle, réfléchissait. Les gosses, comme ce blondinet qui suçait avec application la paille de son jus, ou cette petite fille qui se faisait des grimaces toute seule dans la glace... Et cette bombe, dans le sac de plage, sous la table... Zohra imagina les enfants-déchiquetés. La voix de Yacef lui revint : «Ce que j'ai vu rue de Thèbes...» Eux n'avaient pas hésité. Et puis les ratissages et tout ce que l'on savait des tortures, des villages anéantis...
    Zohra avait payé sa glace au garçon. II fallait qu'elle se lève. Sans un geste pour le sac qui resterait sous la table. «Et puis c'est la guerre, pensa-t-elle. S'ils me prennent, ils n'auront pas de pitié.» Elle sortit d'un pas ferme après avoir regardé l'heure à la pendule du Milk Bar. 18 h 20. Dans 10 minutes...

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  • poseuses de bombesC'est lors de la réunion quotidienne du 25 septembre 1956, que les membres du C.C.E. apprirent la mort de Zighout Youssef. La nouvelle avait été annoncée par Radio-Alger et confirmée par un émissaire envoyé en hâte à Alger par Ben Tobbal.
    Ben Khedda, chef de la nouvelle zone autonome d'Alger, n'avait pas, lui non plus, de très bonnes nouvelles à annoncer.
    «La Casbah est en effervescence, expliqua-t-il. Depuis l'attentat de la rue de Thèbes, Yacef qui tient la population en main et qui vit dans son quartier comme dans une place forte, promet que le F.L.N. va venger les morts de la Casbah. Mais nous sommes le 25 septembre, l'attentat date du 10 août et la population gronde.

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  • La mort de Zighout YoucefMandater par le congrès de la soummam pour remettre l'ordre dans la Wilaya I avec Amirouche, le chef du Constantinois avait tenu, avant de partir pour l'Aurès, à dire adieu à sa femme et à sa fille qui habitaient Condé-Smendou. En outre, il voulait expliquer à certains cadres pourquoi il partait pour l'Aurès et les raisons qui l'avaient poussé à prendre Ben Tobbal comme successeur. Zighout, pour une fois imprudent, n'avait pas voulu d'escorte et avait fait le chemin seulement accompagné de son secrétaire de wilaya. Les deux hommes étaient tombés par hasard sur une patrouille française, à Sidi-Mezrich, le matin du 23 septembre.

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  • groupe de Congrètistes à la Soummam,Salah Hocine se présenta à Krim Belkacem:
    « Je suis chargé par Amirouche de mettre ma section en protection de l'état-major

    la population de la région parlée d'une «armée de Igbal» et l'on n'appelait plus la maison de Makiouf que «la caserne d'Amirouche». Pour ces gens simples et terrorisés par les violents combats et les bombardements dont leur région avait été le cadre depuis 1955, le nom d'Amirouche était le symbole de la révolution. Ils connaissaient vaguement celui de Krim Belkacem et ignoraient tout d'Abane ou de Ben M'Hidi.

    Les deux chefs politiques, faisant équipe, étaient logés plus bas dans la maison de Bouguermouth, Face à la quelle s'ouvrait la vallée de la Soummam.
    Ben Tobbal et Zighout faisaient connaissance avec Krim et Abane qu'ils n'avaient jamais rencontrés. Les Constantinois ne connaissaient que Saad Dahlab, envoyé fin mars 1956 par Abane pour les sonder sur l'éventualité d'un congrès, Ouamrane, un ami de longue date et Ben M'Hidi qu'ils n'avaient pas revu depuis ce 25 juillet 1954 où, dans une villa du Clos-Salembier, ils avaient décidé à vingt-deux de la lutte armée contre la France.

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