• Ben M'hidi: «passer à l'action» 2/2

    attenta du Milkbar Ce dimanche soir, le Milk Bar, qui ouvrait sa terrasse, était bondé. La clientèle était très jeune. Au retour de la plage, c'était au Milk Bar que l'on mangeait les meilleures glaces d'Alger, et comme c'était dimanche, beaucoup de parents y avaient amené leurs enfants. Zohra Drif était seule, assise à une table au centre de la salle. Elle, réfléchissait. Les gosses, comme ce blondinet qui suçait avec application la paille de son jus, ou cette petite fille qui se faisait des grimaces toute seule dans la glace... Et cette bombe, dans le sac de plage, sous la table... Zohra imagina les enfants-déchiquetés. La voix de Yacef lui revint : «Ce que j'ai vu rue de Thèbes...» Eux n'avaient pas hésité. Et puis les ratissages et tout ce que l'on savait des tortures, des villages anéantis...
    Zohra avait payé sa glace au garçon. II fallait qu'elle se lève. Sans un geste pour le sac qui resterait sous la table. «Et puis c'est la guerre, pensa-t-elle. S'ils me prennent, ils n'auront pas de pitié.» Elle sortit d'un pas ferme après avoir regardé l'heure à la pendule du Milk Bar. 18 h 20. Dans 10 minutes...

    Samia Lakhdari s'était fait accompagner par sa mère. Toutes deux habillées à l'européenne avaient bu un coca au bar de la Cafétéria, rue Michelet, juste en face des facultés. Samia avait voulu que sa mère l'accompagne car elle ne se sentait pas la force de répondre à qui l'aurait sans doute abordée. Une jolie fille, seule, dans le bar d'étudiants le plus populaire d'Alger avec l'Otomatic, ne le restait jamais très longtemps. Quelques couples dansaient en riant.
    Samia laissa glisser le sac de plage le long du tabouret du bar. Sa mère détourna les yeux.
    « Allons-y. » Quand Samia et sa mère sortirent de la Cafétéria la montre de la jeune fille marquait 18 h 25...
    Les deux bombes explosèrent à 18 h 35. Les lourdes glaces du Milk Bar volèrent en éclats meurtriers, hachant la foule tranquille qui savourait son dimanche. Ce fut une panique épouvantable. Dans la fumée, les cris, le sang, les consommateurs se précipitèrent à l'extérieur abandonnant sur le sol plus de soixante blessés. Ce jour-là, douze personnes furent amputées. Deux allaient mourir bientôt. La petite Nicole, douze ans, eut un bras sectionné par un éclat de glace. Les médecins désespéraient de sauver la jambe de son père.
    « Treize ans, dix-huit ans, vingt ans, douze ans, huit ans, douze ans, douze ans. Quel gâchis ! » dit le commissaire central, en compulsant l'identité des blessés.
    La nouvelle, comme une traînée de poudre, se répandit sur Alger qui ce dimanche.
    Dans la Casbah les hommes du F.L.N. parcoururent les ruelles obscures : « Vous êtes vengés. Le F.L.N. a fait payer l'attentat de la rue de Thèbes. Restez vigilants. La bataille ne fait que commencer. Il faut faire confiance au F.L.N. Ce soir vous en avez la preuve. »
    Cette fois, l'épouvantable engrenage était bien en marche.
    La bombe du Maurétania fut retrouvée intacte. Kouache, qui réglait ses premiers explosifs, avait mal effectué son branchement.

    Les barrages se multiplièrent. Les experts avaient établi que les détonateurs des bombes du 30 septembre étaient au fulminate de mercure et que la préparation de ce produit laissait des traces sur les doigts. Aux barrages, on examinait maintenant les mains de tous les hommes. C'est ainsi que Ben Sadok, locataire de la villa de Birdakem où il aidait Timsit à fabriquer les explosifs, fut arrêté. Torturé, Ben Sadok avoua tout ce qu'on voulait. Oussedik Boualem prévint à temps Samia Lakhdari et Daniel Timsit. Ce dernier chercha refuge dans un appartement de la rue Mizon. Il avait oublié que Giorgio Habib en connaissait l'adresse. La 1ère brigade de police judiciaire, après avoir arrêté Ben Sadok, s'empara de l'ingénieur italien qui donna toute une série d'adresses.
    Oussedik Boualem échappa de justesse à la police en pleine Casbah. Les groupes de Yacef le récupérèrent chez un cordonnier où il faisait semblant de coudre un sac pendant que les patrouilles fouillaient le secteur et le magasin. Si Mourad et Hassiba Bent Bouali vinrent le chercher et le conduisirent chez Hafaf, un restaurateur dont Yacef avait fait son responsable de (liaison et renseignement). Oussedik Boualem devait quitter définitivement Alger pour rejoindre la wilaya 4.
    Le 10 octobre, la villa des Roses, à El-Biar, où Taleb avait installé un nouveau laboratoire, explosa littéralement. Cette fois Kouache, le régleur, avait eu la main malheureuse en réglant un stock de bombes. On ne retrouva de lui que quelques débris sanglants. Bazi, qui travaillait dans la cave, réussit à se sauver.
    L'arrestation de Daniel Timsit, son appartenance au P.C.A. relancèrent le problème de la participation des communistes à la révolution. L'enquête menée à la suite des attentats du Milk Bar et de la Cafétéria avait établi que c'étaient des femmes européennes qui avaient posé les sacs de plage. La P.J. avait immédiatement conclu à la participation de communistes, doutant que des Arabes puissent fabriquer ces bombes. L'arrestation du Dr. Timsit confirma cette hypothèse. La chasse aux communistes devint la principale préoccupation de la police. C'en était fini de la relative tranquillité des Européens du F.L.N. Il fallait redoubler de précautions.

    Yacef récupéra Hassiba Bent Bouali qui restait seule à Alger après le démantèlement du réseau Timsit. Il n'était pas fâché que les communistes «portent le chapeau» dans l'affaire des bombes. Ça lui laissait un moment de répit avant la prochaine action.
    Le troisième coup annonçant la «bataille d'Alger» venait d'être frappé.
    Il allait encore se produire en Algérie un certain nombre d'événements d'importance avant qu'une bataille sans merci opposât dans la capitale algérienne les réseaux de Yacef, dirigés par le mystérieux C.C.E., aux parachutistes de la 10e D.P.

    Lire aussi: Ben M'hidi: «passer à l'action» 1/2

     


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    1
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