• Mohamed Khider, 46 ans déjà

     Hommage à Mohamed Khider

    Mohamed Khider, 46 ans déjà

    Biographie:

    Il est né à Alger en 1912, de condition modeste. Dès l’âge de 17 ans on le rencontre dans les caves de La Casbah discutant de l’injustice que subissaient ses frères algériens

    • En 1934, il adhère à l’ENA (Etoile Nord Africaine)

    • Le 2 août 1936 il milite au sein du PPA (Parti du Peuple Algérien).

    • En 1937, il est élu permanent du PPA en qualité de secrétaire du bureau d’Alger et assumera également les fonctions de trésorier de la section Alger marine.

    • Le PPA dissout durant la Seconde guerre mondiale, ses membres sont traqués et le 28/03/1941, Mohamed Khider est arrêté pour atteinte à la sécurité de l’Etat. Il sera emprisonné jusqu’en 1944.

     Libéré, il est de nouveau arrêté en 1945 après le massacre de Sétif du 8 mai 1945 et emprisonné au fort militaire de Bouzéreah.

    • Libéré en 1946, Mohamed Khider sera l’un des artisans de la transformation du parti du PPA, qui se divise en 2 partis, l’un légal, le MTLD, l’autre secret, l’OS. Le 10 novembre de cette même année il est élu sur la liste du MTLD député d’Alger à l’assemblée nationale française; Son élection est validée le 31/01/1947. Il est nommé membre de la commission des pensions et le 30/01/1948 de la commission de la famille, de la population, de la santé publique et de la commission de la presse.

    • En avril 1949, il est impliqué dans l’attaque de la poste d’Oran, attaque préparée par l’OS. Il fait l’objet d’une demande de levée de l’immunité parlementaire. 

    • A la fin de son mandat en juin 1951, Khider pour éviter une arrestation quitte la France à destination de l’Egypte, via la Suisse.

    • A son arrivé au Caire, il est adjoint à Chadli Mekki responsable de la section algérienne du bureau du Maghreb arabe. En octobre 1952, lors de l’exclusion de ce dernier, Khider prend la direction de la section algérienne en tant que délégué du MTLD.

     Vers la fin de 1951 arrive au Caire Hocine Aït Ahmed, rejoint quelques mois plus tard par Ahmed Ben Bella qui s’intègrent dans le bureau. Pour mémoire, rappelons que L’OS dirigé par Hocine Aït Ahmed puis par Ben Bella est démantelé en 1950. A cette époque une scission se produit au sein du MTLD. Les Messalistes et les centralistes s’affrontent sans merci. Ces derniers dénoncent le culte de la personnalité qui entoure Messali.

    • C’est pour tenter de venir à bout de ces querelles, pour ressouder le parti, que le CRUA             (Comité Révolutionnaire d’Unité et d’Action) est créé par ceux qu’on a appelé les 9 chefs historiques dont Md Khider, Md Boudiaf, Mustapha Ben Boulaid, Larbi Ben M’hidi, Rabah Bitat, Mourad Didouche, Krim Belkacem, Hocine Aït Ahmed et Ahmed Ben Bella).       

    • Le 10 octobre 1954, les membres du CRUA fixe la date de l’insurrection au lundi 1er novembre 1954 et créent 2 organismes, l’un politique, le FLN, l’autre militaire, l’ALN.

    • Lamine Debaghine, Ahmed Bouda, Abderrahmane Kiouane Toufik Al Madani, Ferhat Abbass et Ahmed Francis se joindront à la délégation FLN du Caire. Khider restera président de cette délégation.

    • Entre 1955 et 1956, Khider se rend dans plusieurs pays européens dont l’Italie et la Yougoslavie où il rencontre un envoyé de Guy Mollet. Il se rend également en juillet 56 en Libye pour y obtenir un soutien.

    • Le 20 août 1956, lors du congrès clandestin de la Soummam, la direction politique du FLN est confiée au CNRA (Conseil National de la Révolution Algérienne), composé de 34 membres dont Khider.

    • Le 19 octobre 1956, Khider accompagné d’Aït Ahmed, de Ben Bella, de Boudiaf et de Lacheraf se rend au Maroc pour rencontrer le Sultan Mohammed V. Il s’agissait de discuter de la réunion qui devait se tenir à Tunis pour la création d’un tout nord-africain qui resterait lié à la France d’une manière encore à déterminer. La création d’une confédération Nord-Africaine devait permettre de résoudre tous les problèmes en suspens.

    • Le 22 octobre 1956, l’avion transportant Khider et ses quatre compagnons de Rabat vers Tunis est détourné sur Alger par l’aviation militaire française. Les 5 leaders y sont interrogés puis transférés à Paris à la prison de Fresnes. 

    • En sept 1958, Khider et ses compagnons sont nommés Ministres d’Etat du GPRA. 

    • En mars 59, ils sont transférés à l’Ils d’Aix, puis le 20 mai 61 au château de Turquant où ils feront la grève de la faim qui durera une vingtaine de jours. Quelques jours plus tard, ils sont emmenés au château d’Aulnoy.

    • Le 4 janvier 1962, c’est la réunion du GPRA à Mohammedia au Maroc qui allait montrer les dissensions qui existaient au sein du FLN; Les militaires contre les politiques du GPRA.

    • Fin mars 1962, après les accords d’Evian, les 5 sont libérés. Mohamed Khider rompt avec le GPRA de Benkhedda en démissionnant en juillet 1962. Il proclame ‘’ …l’instance suprême de la révolution algérienne, le CNRA, avait décidé à Tripoli à l’unanimité de créer un bureau politique de 7 membres pour remplacer le GPRA, rénover les structures du FLN et préparer à la fois les élections et un congrès. La désignation de ce bureau intervient à une majorité de plus de 2/3. Elle écarta certains membres du GPRA dont Benkhedda qui continuèrent à se prévaloir d’une légitimité et d’une autorité à laquelle il venait d’être mis fin.’’. Khider soutient donc l’Etat major que le GPRA entendait destituer. 2 blocs s’affrontent jusqu’à fin septembre. D’un coté le GPRA soutenu par la zone autonome d’Alger, la Fédération de France, les willayas II, III et IV et la plus grande partie de l’appareil syndical, l’autre bloc sera constitué du tandem Khider-Ben Bella-Boumediene, et des willayas I et V. Le risque de guerre civile existe.

    • Le 3 juillet 1962, Alger en liesse accueille Benkhedda et tous les membres du GPRA à l’exception de Khider et de Ben Bella démissionnaires.

    • Le 11 juillet Ben Bella soutenu par Khider entre à Tlemcen. Ils s’emploient à appliquer les décisions de Tripoli. Des négociations s’engagent. Des délégués des willayas II, III, et IV proposent que le CNRA soit réuni et tranche publiquement. Khider refuse et annonce le 22 juillet 1962 la constitution d’un bureau politique à Tlemcen composé des membres qui avaient été désignés précédemment. Le bureau s’occuperait de politique intérieure, tandis que le GPRA subsisterait pour assurer la représentativité extérieure de l’Algérie. Krim Belkacem refuse.

    • Mohamed Khider par ses qualités de négociateur réussit à dénouer la crise. Le 2 août 1962, Il tient avec Boudiaf,  Krim Belkacem et le colonel Mohand Ou El Hadj, chef de la willaya III une réunion à Alger et concrétise un accord. Le bureau politique est accepté et se compose de 7 membres : Khider, Ben Bella, Boudiaf, Bitat, Aït Ahmed, Mohand Saïd,  Hadj Ben Alla.  Dés sa 1er réunion, le bureau adopte 2 décisions : 

    - date des élections de l’assemblée constituante fixée au 2 septembre 1962.

    - répartition des responsabilités entre les différents membres du bureau. Khider occupe la 1ere place avec le titre de secrétaire général et responsable unique des finances du parti et chargé de l’information.

    • 20 septembre 1962, élection à l’assemblée nationale.

    • 25 septembre 1962, l’assemblée proclame la naissance de la république algérienne démocratique et populaire et investit à la majorité absolue le gouvernement Ben Bella.

    • Début 63, des divergences avec Ben Bella apparaissent à propos de l’organisation du parti. Le fossé se creuse entre les deux hommes. Mohamed Khider se rend compte de la dérive du président Ben Bella vers le pouvoir personnel. Le 17 avril 1963, Khider démissionne de ses fonctions de secrétaire général du FLN. Il s’enfuit en Europe et en

    • Juin 1964, il tient une conférence où il annonce la rupture totale avec Ben Bella. 

    • Juillet 1964, il déclare mettre à la disposition de l’opposition les fonds qu’il détient.

    • Ben Bella dépose une plainte et accuse Khider d’escroquerie.

    • Le 3 mai 1965, Ben Bella revient sur sa déclaration et officiellement déclare que Khider a pris cet argent à des fins politiques et non personnelles et envisage un rapprochement. Ben Bella se trouve dans un étau sous la pression des militaires. C’est sur le tard qu’il réagit en tentant de se rapprocher de l’opposition (le FFS) et d’écarter les amis de Boumediene dont Bouteflika alors ministre des affaires étrangères.

     Juin 1965, coup d’état de Boumediene et l’EMG élargi à certains hommes politiques. Ben Bella est cueilli dans son lit et emprisonné jusqu’à la mort de Boumediene.

    • Khider à travers des émissaires tente un rapprochement suite à la déclaration de Boumediene fustigeant la dictature de Ben Bella et promettant la démocratie. Sans surprise les contacts se soldent par un échec.

    • Durant l’année 1966, l’opposition se regroupe autour de Khider.

    • Le 3 janvier 1967, Mohamed Khider devenant trop dangereux pour le pouvoir est assassiné à Madrid. L’enquête menée minutieusement établit l’implication de membre de l’ambassade algérienne en Espagne.

    Extrait modifier de l'article, Mohamed Khider, le parcours d’un nationaliste algérien assassiné, par/ Tarik Khider.
     
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    1. http://www.lematindz.net/news/10697-mohamed-khider-le-parcours-dun-nationaliste-algerien-assassine.html

     

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