• Un demi-siècle après!!

    Nordine ChabaneIl est aussi que le moment est venu de tirer les conclusions pratiques d’un demi-siècle d’études des problèmes d’entre les deux pays, l’Algérie et la France. Aucune terre africaine n’est aussi proche de la France que l'Algérie. Et pourtant, tout reste si compliqué. Combien de temps faudra-t-il, encore, pour pouvoir dire « Algérie - France : tout simplement » ?
    Il est sans doute inutile de s’attarder sur le fait que les présidents algériens et français peuvent inscrire leur nom dans l’histoire, à l’instar de Charles de Gaulle et du chancelier Konrad Adenauer qui, en 1963, ont conclu le Traité de l’Elysée. En effet, un chef d’Etat n’a-t-il pas le droit de vouloir inscrire son nom dans l’histoire de son pays ? N’est-il pas justement censé le faire ? Cependant, la comparaison entre les deux événements devrait sans doute s’arrêter là.

    Le président Bouteflika à le 6 juillet 1999 à Constantine rappeler que la culture et l’histoire algériennes avaient une part sinon française, tout au moins francophone. Les temps sont donc venus pour que nous fassions, de chaque côté de la mer qui nous unit, le travail de mémoire et notre devoir d’historiens. Nous devons nous mettre à réfléchir ensemble sur notre histoire commune par-delà les douleurs, les plaies non cicatrisées, les ambiguïtés, pour aller de l’avant.
    Certes le chemin qui reste à parcourir est ardu car le contentieux réel et imaginaire est lourd : il nous faudra surmonter beaucoup d’obstacles dont le principal est en nous-mêmes. « El khir fina, oua char fina - le bien est en nous, le mal est en nous » L’histoire Algéro-française et Franco-algérienne est fondée sur deux balises difficilement franchissables : l’amnésie et l’amnistie. Chacun des deux pays a oublié ou amnistié ses propres fautes ou erreurs et glorifie les aspects inverses des éléments du contentieux commun.
    La logique voudrait donc que l’on mette à plat un certain nombre de problèmes liés à un passé commun bien lourd et définir ensemble et sur le même pied d’égalité dans la mesure du possible, la nature des « relations exceptionnelles » que les gouvernements des deux pays semblent appeler de leurs vœux. Même si la revendication relative au pardon - que l’Algérie attend de la France - survient avec intensité, elle n’en est pas moins légitime du point de vue politique et même du point de vue méthodologique. Il est certain qu’en l’absence d’une réconciliation franche, les spectres du passé continueront de hanter les relations entre les deux pays pour les empêcher de se développer normalement. Après tout, n’a-t-on pas demandé pardon aux juifs au nom de la France tout en sachant que c’est le gouvernement de Vichy, c’est-à-dire celui de la capitulation, qui a persécuté les juifs et non le gouvernement de la « France libre », triomphant et dont tout le monde en France se réclame aujourd’hui ?

    Par: CHABANE NORDINE *Moudjahed, Membre ALN / Auteur, Ecrivain et journaliste


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