• Contribution: La Plate-Forme de la Soummam et les manœuvres néo-colonialistes de la France

    Par: Afif HAOULI

    Rédha Malek, négociateur des Accords d’Evian et ex-premier ministre, a témoigné récemment (El Watan du 20/02/2016) que Jacques Soustelle, gouverneur général de l'Algérie en 1955 et 1956, a qualifié la Plateforme de la Soummam de « géniale ». C’est précisément Soustelle qui est à l’origine des manœuvres subversives qui aboutiront au Congrès de la Soummam et que nous allons examiner ci-après sur la base de témoignages récents...

    1- La manipulation du SDECE et la confrontation de deux projets de societe
    La nouveauté qui se dégage de ces témoignages est la manipulation à distance des services secrets de l’ennemi faisant en sorte d’avantager une tendance du FLN contre une autre, dans le cadre du principe du moindre mal. Pour la France officielle, la tendance novembriste nettement arabo-islamisante héritée du PPA, alliée à l’Egypte (Appel du 1 er Novembre lu à la Radio du Caire par Ben Bella) la préoccupait au plus haut point. Aussi, a-t-elle employé tous les moyens pour que cette tendance soit remplacée par une autre tendance tournée vers l’Occident. Elle voulait réussir comme en Tunisie avec Bourguiba et au Maroc avec Hassan 2 pour faire de l’Algérie sa chasse gardée. Son objectif fut couronné de succès comme l’a déclaré Soustelle après l’adoption de la Plateforme de la Soummam (PFS). Au centre de cette politique se trouve Abbane Ramdane dont la France connaissait parfaitement les penchants idéologiques.

    2- La liberation anticipee d’Abbane et les disparitions tragiques de Hamou Boutlelis et de Zeddour Brahim Belkacem
    En janvier 1955, au moment où Soustelle était gouverneur général, Abane Ramdane bénéficie miraculeusement d’une remise de peine en pleine guerre. Sa libération anticipée est une grande énigme, car, un autre révolutionnaire, en l’occurrence Hamou Boutlélis, responsable de l’OS de l’Oranie, condamné comme lui à la même peine (1), soit 6 années de prison, n’a été libéré que le 21 octobre 1957. Pire que cela, Hamou Boutlélis libéré fut enlevé à la sortie de prison par un commando de la Main rouge (SDECE) et a disparu à ce jour. Boutlélis était connu pour être un proche de Ben Bella. En mars 1955, ce fut autour des centralistes du PPA Ben Khedda et ses amis d’être libérés. Ce sont eux, avec Abbane, qui seront les véritables artisans du Congrès de la Soummam. Paradoxe, ce qui réunissait Abbane aux centralistes,  n’était pas d’ordre idéologique, mais leur opposition acharnée à Messali dont la France colonialiste redoutait qu’il s’empare du leadership de la Révolution, car c’était le seul leader algérien qui n’a jamais envisagé une union avec la France et qui était résolument tourné vers le monde arabe. La bienveillance de l’ennemi envers les centralistes  s’est manifestée à une autre occasion. Saâd Dahleb raconte dans son livre «Mission accomplie» (page 69) une anecdote sur Ben Khedda qui en dit long sur les manipulations des services français : en février 1957, après l’arrestation de Ben Mhidi, Ben Khedda s’est rendu à son refuge à trois reprises sans être inquiété, à croire que le refuge de Ben Mhidi soit resté sans surveillance. L’acharnement du colonialisme contre tout cadre ayant des attaches avec l’Egypte s’est manifesté très tôt : ainsi, le regretté Zeddour Brahim Belkacem fut arrêté le 1er Novembre 1954 dans sa ville natale à Oran, et lui aussi a disparu jusqu’à ce jour. Son immense tort a été le fait d’avoir été membre de la Délégation extérieure du Caire, envoyé en mission à l’intérieur avant le déclenchement de la Révolution. Ce fut le premier disparu de la Révolution.

    3 – La guerre contre les Messalistes, l’assassinat de Ben Boulaid et les attentats manques contre Ben Bella
    Très vite après sa libération, Abbane est devenu l’ennemi acharné des messalistes et de Ben Bella (cf ses tracts et ses correspondances avec la délégation extérieure dans le livre «Le courrier Alger-Le Caire» de Mabrouk Belhocine).
    Quant à Messali Hadj, Abbane, qu’on qualifie généralement de fédérateur, n’a jamais tenté de négocier son intégration au FLN, de lui proposer une alliance ou à la limite envisager une coexistence pacifique. Bien au contraire, la main tendue du MNA à travers sa trêve unilatérale ordonnée par Messali le 1erseptembre 1957 a été rompue par le FLN 20 jours après, par l’assassinat de hauts cadres du MNA. Ces actes odieux ont été commandités par les missionnaires d’Abbane pour diriger la Fédération de France du FLN (Omar Boudaoud et Rabah Bouaziz).
    Au contraire d’Abbane, les autres dirigeants du FLN ont toujours maintenu l’espoir d’une union avec leur ancien leader, notamment Ben Boulaïd qui, arrêté en février 1955, était défendu par l’avocat de Messali, M° Deschezelles. A travers l’avocat, Ben Boulaïd correspondait avec son ancien chef. Celui-ci a tout fait pour lui éviter une condamnation à mort en organisant un comité d’intellectuels français pour sa défense et en mobilisant le MNA dans ce but par des tracts (en notre possession) et des manifestations.
    Il est évident que pour la France, un FLN composé des anciens intégrationnistes (UDMA, PCA, Oulémas) était  plus proche du régime bourguibien qu’un FLN allié ou dirigé par Messali. L’acharnement d’Abbane contre Messali entrait parfaitement dans cette stratégie. Ben Boulaïd évadé en novembre 1955, risquait de mettre en échec cette stratégie. Objet d’un attentat à l’explosif en mars 1956, sa mort a été attribuée au FLN dans un tract MNA paru dans la presse algéroise (l’Echo d’Alger du 15 novembre 1956).
    Un mois après, en avril 1956,  c’est au tour de Ben Bella d’être victime d’un attentat de la Main Rouge, le bras armé du SDECE, à Tripoli en Lybie dont  heureusement, il en est sorti indemne.
    La présence de Ben Boulaïd et de Ben Bella au « Congrès de la Soummam » risquait de remettre en cause l’adoption de la Plate-forme de la Soummam.

    4 - Oiseau bleu, congres de la Soummam et cessez-le-feu tacite
    Un autre évènement troublant est intervenu dans les mois précédant le Congrès de la Soummam : il s’agit de l’opération « oiseau bleu ». Cette opération a permis de fournir des armes en grande quantité à cette wilaya, renverser le rapport de forces en sa faveur dans sa lutte contre le MNA et le bouter de la Kabylie. Le témoignage repris du site http://algerie.eklablog.fr/ ci-après est édifiant : « Avant de se séparer (du Congrès de la Soummam, NDLR), on décida d'interrompre l'opération «Oiseau bleu»qui, depuis le gouvernement de Soustelle, continuait sous Lacoste d'armer les Kabyles de Grande Kabylie. Mohammedi Saïd, Amirouche et Krim eurent beau assurer que «tout allait comme sur des roulettes», Ouamrane leur prédit que ça n'allait pas durer. « C'est jouer avec le feu, dit-il. Avec tant d'armes, tant d'argent, peu-t-on compter à ce point sur des hommes que nous ne pouvons pas, et pour cause, tenir régulièrement en main? En outre, quel exemple pour le peuple qui n'est pas dans le secret des dieux. Il voit qu'on combat chez moi à Bouzegza, que l'on combat dans le Constantinois, dans l'Aurès, et qu'en Grande Kabylie on semble pactiser avec les Français.» Une preuve flagrante d’un cessez-le-feu tacite dans la wilaya 3 avant et pendant le «Congrès de la Soummam».

    5 - Les incongruites du congres de la Soummam : exclusion d’officiers de l’ALN presents
    Un congrès peut-il se limiter à ne réunir que les chefs de la Révolution ? Cela ne s’est jamais vu dans l’histoire. Le total des congressistes qui ont participé était au nombre de six. Trois structures importantes de la Révolution étaient  absentes : la wilaya des Aurès, la Délégation extérieure et la Fédération de France. Les raisons de sécurité sont-elles le seul motif de restriction du nombre de présents ? La réponse est assurément négative car, sur les lieux mêmes du congrès, se trouvaient des cadres, des futurs chefs de wilaya maintenus, sans raison, exclus du conclave. Ces cadres sont pour mémoire : Mohammedi Saïd et Amirouche pour la W3, Amar Benaouada et Ali Kafi pour la W2, Sadek Dehilès et Mhammed Bougara pour la W4, soit au total six, autant que les membres qui devaient délibérer. Les décisions politiques de ce congrès, consignées dans la PFS auraient-elles été prises en leur présence ? Assurément non, car, ces mêmes décisions, soumises une année plus tard à une assemblée plus représentative (CNRA composé de 23 membres) ont été purement et simplement rejetées (voir § 8). Par conséquent, c’est la restriction du nombre des membres du « Congrès » qui a permis l’adoption de la nouvelle orientation anti-novembriste comme on peut le constater ci-après.

    6 - Les deviations de la plateforme de la Soummam
    Première déviation : l’abrogation des principes islamiques de la Proclamation du 1er Novembre 1954 (PN54).    Deuxième déviation : alors que la PN54 stipule « l’unité nord-africaine dans son cadre arabo-musulman », la PFS modifie cette formulation par « la Fédération des états nord-africains », abrogeant intentionnellement la mention «arabo-musulman». Troisième déviation : la PFS ajoute « la Révolution algérienne n’est inféodée ni à Moscou, ni à Washington, ni au Caire.» En réalité, cette sentence vise essentiellement l’Egypte dans le but évident de la détacher de la Révolution algérienne, et casser cet axe hautement stratégique, sentence qui correspond parfaitement aux visées de l’ennemi colonialiste. Enfin, quatrième et dernière déviation, elle est d’ordre organique et constitue le premier coup d’état de la Révolution algérienne : des dirigeants du 1 er Novembre comme Boudiaf, Ben Bella, Khider et Aït Ahmed reconnus officiellement par le CNRA d’août 1957 comme ceux qui ont préparé et organisé le 1er Novembre (2), se sont trouvés exclus de l’exécutif de la Révolution (CCE), sans avoir été entendus sur leur bilan

    7 - Le SDECE au service du CCE et la liquidation des opposants a la PFS
    Après le « Congrès » de la Soummam, survinrent des évènements encore plus troubles. En septembre 1956, le CCE prit des dispositions pour asseoir son autorité, particulièrement en Tunisie où il était contesté par le représentant de Ben Bella, Ali Mahsas, et par les chefs des Aurès et de la base de l’Est (3). Le Colonel Ouamrane fut chargé de cette mission difficile qu’il a accomplie avec succès : pas étonnant, car à son arrivée, un bataillon de la W1, commandé par une taupe du SDECE du nom de Hadj Ali Hamdi, secondé par une deuxième taupe du SDECE, Mokhnèche Abdelhamid (4), l’attendait pour se mettre à son service, arrêtant et emprisonnant tout cadre connu pour être un opposant du CCE. Dans la prison dirigée par Hamdi sont passés des dizaines d’opposants à la PFS dont certains ont été liquidés sans jugement (réf : livre de Si Basta Arezki cité en note 5). Ali Mahsas, l’homme de confiance de Ben Bella en Tunisie, fut l’objet d’un attentat en Suisse dont l’auteur Basta Arezki a refusé d’exécuter (5), un refus qui lui vaudra la prison et les menaces de mort à son retour en Tunisie. Un autre cadre de la Révolution, Mhammed Yousfi, ex membre de l’Etat-major de l’OS, proche de Ben Bella, fut lui aussi l’objet d’un attentat à Madrid où il représentait le FLN, attentat que devait exécuter Mustapha Lakehal, un cadre chaoui de la W4 et qui s’est heureusement désisté (6). Enfin, le 14 juillet 1957 eut lieu le procès de Taborsok (7) où furent condamnés à mort et exécutés 14 officiers de la W1 dont Abbès Laghrour.

    8– L’echec d’Abbane et le retour aux valeurs  de novembre
    Un mois après le procès de Taborsok, en août 1957, s’est tenu le CNRA, soit une année après le Congrès de la Soummam. C’est lors de ce CNRA qu’Abane Ramdane essuya une cuisante déroute politique : Ben Khedda et Dahleb, membres du CCE, ainsi que Krim, Bentobal et Ouamrane, ses compagnons présents au «Congrès de la Soummam », sont revenus sur les résolutions prises en août 56. Selon une lettre de Krim, Ben Bella, depuis sa prison, a réussi à rallier l’ensemble des cadres de la Révolution contre la PFS (8). Le fait est que les récriminations de Ben Bella à propos de cette Plateforme (9) ont été prises en considération au CNRA de 1957 : Ben Youcef Ben Khedda et Saâd Dahleb, les deux centralistes, ont été exclus du CCE et, toujours selon ses vœux, lui-même et ses 4 compagnons de détention ont été désignés dans le nouveau CCE, de même, leur rôle historique dans le 1 er Novembre reconnu et la référence aux principes islamiques comme fondements dans la conception du futur état algérien réintroduits. Ben Bella est apparu comme le vainqueur incontestable de ce CNRA. Aucun des 23 hauts cadres présents de ce CNRA, Abbane compris, n’a fait état d’une prétendue trahison de sa part lors du procès de l’OS de 1950. Bien au contraire, à la constitution du GPRA en septembre 1958, Ben Bella fut désigné Vice-président au lieu de ministre d’état comme ses quatre compagnons de détention. Le CNRA d’août 1957, faut-il le rappeler, a donné raison post-mortem aux victimes des purges sanglantes ordonnées par le 1er CCE.

    9- Les tractations du SDECE et la mort d’Abbane
    Après le CNRA d’août 1957, le Commandant Hadj Ali Hamdi qui a épaulé Ouamrane à son arrivée en Tunisie en septembre 1956, s’est mis de nouveau à la disposition d’Abbane qui, marginalisé, voulait prendre sa revanche contre le nouveau CCE. Hadj Ali lui proposa un plan concocté par le SDECE, révélé par un officier de la W1 Brahim Chaouali Ammar (10) consistant  à enlever les membres du CCE afin de les remettre à l’ennemi dans sa base de Bizerte, un plan qui se trouvait être similaire au rapt de l’avion des cinq. Selon Si Basta, Abbane a refusé cette proposition et a envisagé un autre plan pour reprendre son autorité perdue. Son but était de retourner à l’intérieur du pays, mobiliser les chefs de wilaya contre le CCE et prendre leur commandement, ensuite imposer son autorité au CCE en la légitimant par le principe de la priorité de l’intérieur sur l’extérieur. Krim mis au parfum par un ami d’Abbane s’entretient avec ce dernier et lui promet de lui pardonner et de ne pas ébruiter cette affaire à condition qu’il renonce à son plan. Abbane, par fierté, refusa cette proposition (10), ce qui aura pour conséquence, dans un premier temps, l’arrestation du Cdt Hadj Ali et son transfert au Maroc où il est exécuté en novembre 1957(11). Un mois plus tard, Abbane subira le même sort tout en le déclarant officiellement mort au maquis.

    10 - Conclusion
    Après sa libération, Ben Bella lors de son arrivée à Tunis, a, dans une déclaration à la presse, tonné à trois reprises « nous sommes arabes ». Cette profession de foi a surpris beaucoup de monde, alors que Ben Bella voulait tout simplement signifier à la France, mais de manière péremptoire, l’échec de ses manœuvres néo-colonialistes visant à détacher l’Algérie du monde arabe. Il était l’un des rares dirigeants à avoir compris le sens de ses manœuvres.

    Références
    (1) : “Les origines du 1er Novembre 1954” de Benyoucef Benkhedda, page 162 ;
    (2) : « La crise de 1962 », de Benyoucef Ben Khedda page 134 ;
    (3) : « Nasser et la Révolution algérienne » de Fethi Dib, page 673 ;
    (4) : « Les tragiques vérités qui n’ont pas été dites sur la révolution algérienne » de Basta Arezki,  page 435
    (5) : idem pages 298 et 299 ;
    (6) : idem page 297 : note 20 ;
    (7) : idem page 352 ;
    (8) : « Les archives de la Révolution algérienne » de Mohamed Harbi, page 177 ;
    (9) : « Le courrier Alger Le Caire », de Mabouk Belhocine, DOC n°44 page 197 ;
    (10) : « Les tragiques vérités qui n’ont pas été dites sur la révolution algérienne » de Basta Arezki,  page 370
    11) : idem page 353 et 354 
    PS: algerie.eklablog.fr se démarque de certains analyses personnel de faits historiques paru dans l'article, et qui n'engage que l'avis de son auteur!

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  • Commentaires

    1
    Ayachi Ammar DVM
    Samedi 23 Avril 2016 à 00:49

    Voilà une étude objective et argumentée, en effet, ce n'est que maintenant en 2016, qu'on commence à comprendre que la France jadis, avait calculée pour le maintien de l'Algerie Francaise  et elle est y parvenue !!!!

      • Malaucoeur
        Lundi 30 Mai 2016 à 10:48

        Oui, Ayachi, après avoir liquidé tous les révolutions sincères, la France négocia la remise des clés avec les planqués des frontières, moyennant 70% des richesses pétrolières. Heureux les martyrs qui n'ont rien vu.

          

      • Elghoul
        Lundi 30 Mai 2016 à 13:20

         L'armée des frontières n'est entré à Alger que le 04/09/62 , soit 2 MOIS APRES l'indépendance, mais ceux qui ont négocié avec la France pour prendre le pouvoir en association avec la promotion Lacoste et les pieds-noirs, ils s'y sont installés dès le debut JUIN 62 le 10 juin exactement, 3 semaines avant l'indépendance, en prenant comme alliés les harkis sous l'étiquette de "force locale" pour en faire " l'armée régulière de l' Etat Algérien" comme l'a décidé la france à Evian, et même en négociant une amnistie avec le chef de l'OAS Susini. C'est là que les Moudjahidines des wilaya 1, 2, 5, 6 se sont regroupés sous la direction de l'EMG et  BOUMEDIENE pour les déloger d'Alger , comme le leur a ordonné le C.N.R.A. qui était l'instance Supérieure de la Révolution à cette époque.

      • Malaucoeur
        Jeudi 2 Juin 2016 à 19:47

        Oui, Ayachi, après avoir liquidé tous les révolutionnaires sincères, la France négocia la remise des clés avec les planqués des frontières, moyennant 70% des richesses pétrolières. Heureux les martyrs qui n'ont rien vu.

        Source :

        http://www.hoggar.org/index.php?option=com_content&view=article&id=1172:le-tirailleur-marocain-ben-bella-linfiltre-du-fln&catid=100:lounes-saad

    2
    Malaucoeur
    Lundi 30 Mai 2016 à 10:41

    La mentalité "j'y suis, j'y reste" avait toujours prévalu chez nous. Notre tare en tant qu’Algériens c'était d'avoir tout le temps refusé du nouveau. Et un peuple qui n'écoute pas son élite est voué à sa perte.

    C’était le cas de certains de nos « historiques » FLN et des leaders MNA, qui n'avaient pas voulu profiter des idées nouvelles que Abane Ramdane avait introduites dans la lutte pour l'indépendance de notre pays, bien que ces idées aient sauvé de l’extinction la flamme allumée le premier novembre 1954.

    Là où le bât blesse surtout, c'est pourquoi cet acharnement contre Abane Ramdane uniquement, alors que le chahid Larbi Ben M'Hidi, historique prestigieux, était, lui aussi responsable au même titre que son collaborateur Abane Ramdane de l'élaboration de la plateforme de la Soummam. Peut-être que c’est parce que Larbi Ben M'Hidi était mort un peu plus tôt qu’on l’oublia dans cette affaire. A ce titre un adage dit : « vivant, il était privé d’une datte ; mort, on lui en offre   un régime ».

    C’était d’ailleurs après la mort de Larbi Ben M’Hidi qu’Abane Ramdane fut accusé de comploter contre ses pairs.

    Alors que Abane Ramdane se donnait corps et âme à la cause, à l’intérieur du pays, en côtoyant de près les moudjahidine, les vrais combattants qui manquaient de tous les moyens requis pour faire face à l'une des plus fortes armées du monde, les gens de l'extérieur qui devaient approvisionner en armes l'intérieur, eux, avaient failli à leur mission. Pour cela, Abane Ramdane, ne se gênait pas de dénoncer ces gens qui ne voulaient pas être dérangés dans leur planque. En le faisant, il savait qu'il courait à sa perte, mais pour lui, le devoir de libérer le pays du joug colonial était primordial. Certains de ses pairs qui se prenaient pour des "historiques", eux, n'avaient jamais admis en leur sein, un génie de sa trempe : patriote honnête, stratège endurci, intellectuel, avec comme tare son caractère brutal voire franc, en clair un homme hors du commun. En l'assassinant, ces gens ont tué l'idéal du peuple algérien.

    Dans toutes les guerres, il y avait des erreurs., citons l'exemple du colonel de Gaulle qu'avait condamné à mort le régime de Vichy pendant la deuxième Guerre Mondiale, pour avoir refusé de cautionner la capitulation de son pays devant I' Allemagne conquérante d'Hitler. Pourquoi de Gaulle n'avait pas été exécuté ? La réponse est simple, parce que la France avait des hommes qui réfléchissaient pour le bien de leur pays. Ces hommes avaient discerné en de Gaulle un stratège avéré et ils se sont rangés aussitôt de son côté pour l'aider à réaliser son plan de libération de la patrie. Ce n'était pas le cas de notre héros Abane Ramdane, ses compatriotes étaient plutôt jaloux de son intelligence et ceux-ci n'avaient pas hésité à appliquer la devise : "Plus intelligent que moi, tu meurs". Dieu révélera la vérité le jour du jugement dernier. C'est tout ce qu'on peut dire. "  

     

    Je vous invite à méditer sur le témoignage de L'Algérien constantinois, en l'occurrence Mohammed Méchati, membre du groupe des 22 (CRUA)

     

     :
    «Abane était un véritable chef»
    Que pensez-vous de l'homme, Abane Ramdane, et de son rôle durant la Révolution? 
    Abane s'est comporté en chef, parce qu'il est un véritable chef. Même incontestable par ses détracteurs. Et quel chef! En pleine guerre, ne s'est-il pas comporté, en homme autoritaire et intransigeant? Néanmoins, n'oublions pas qu'Abane avait également cet art de discuter, écouter, objecter, lorsqu'il n'était pas convaincu.
    Il était très ouvert aux idées aux suggestions et aux propositions, qui lui étaient faites. C'était en effet un véritable chef, craint par ses idées et ses prises de position. D'ailleurs, même mort, il ne cesse de hanter les esprits de ses détracteurs et de servir de repère au peuple algérien. Les idées de Abane quant à la primauté du politique sur le militaire sont connues. L'histoire ne lui a-t-elle pas donné raison pour la période antérieure à 1962 comme pour celle qui lui a succédé? Ainsi, au cours de son itinéraire de militant, que cela soit au PPA-MTLD où il a été membre du Comité central après avoir été chef de wilaya, que cela soit au FLN dont il a dirigé les destinées, il a toujours fait montre de nationalisme et de patriotisme, condamnant sévèrement toute tentative de division ethnique ou régionale. Abane n'éprouvait aucun complexe devant qui que ce soit. Pour Abane, l'impératif, c'était l'unité de tous les Algériens sans distinction, qui seule pouvait libérer l'Algérie de la domination coloniale. Et, stratège qu'il était, il a, contre la propagande de la France qui accusait le FLN d'être au service d'une puissance étrangère, fait savoir dans la Plate-forme que «la Révolution algérienne est un combat patriotique dont la base est incontestablement de caractère national, politique et social. Elle n'est inféodée ni au Caire, ni à Londres, ni à Moscou, ni à Washington». Seulement, l'évocation du nom du «Caire» a suscité et renforcé la haine de Fethi Dhib et bien sûr de Abdel Nasser contre Abane. Car ces derniers se comportaient comme des «tuteurs de la Révolution algérienne».

    Voir l'article complet sur le lien suivant :

     

    http://www.lexpressiondz.com/actualite/159035-%C2%ABabane-%C3%A9tait-un-v%C3%A9ritable-chef%C2%BB.html 

     

    Concernant l'opération "Oiseau bleu", l'article ci-dessous décrit les événements tels qu'ils s'était déroulés dans ma commune, tout en ajoutant qu'un neveu de mon père y a laissé sa vie le jour-même en tant que combattant de l'ALN.                                                                                                              L'histoire ne se refait pas et ne pardonne pas aussi. La mauvaise foi ne construit pas une société, au contraire, celle-ci donne de la matière périmée aux médiocres qui se recyclent au détriment des gens émérites.

     

    RÉGIONS KABYLIE TIZIOUZOU
     

     

    Iflissen : Toumi, un héros de l’opération Oiseau bleu

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    le 24.12.15 | 10h00 Réagissez

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    Après le déclenchement de la guerre de Libération nationale, le 1er Novembre 1954, l’administration coloniale, à sa tête le gouverneur général, Jacques Soustelle, cherchait, par tous les moyens, à venir à bout de ceux qui ont pris les armes pour libérer l’Algérie du colonialisme, en distribuant des armes clandestinement à la population.

    Il s’agissait alors de créer une sorte de milice qui ira contrer les forces de l’ALN, croyant ainsi mettre à plat la résistance de tout un peuple. Robert Lacoste succéda à Jacques Soustelle et renforça le réseau que son prédécesseur avait entamé avec la création de postes avancés à l’intérieur du pays. C’est à Agouni  Moussi, chef-lieu actuel de la commune d’Iflissen, à 55 kilomètres  au nord de Tizi Ouzou, que le premier poste de génie militaire a été installé et dirigé par le capitaine Maublanc qui travaillait en collaboration avec Omar Toumi, chef des personnes armées par l’administration française.

    Peu de temps après, un autre poste a été créé à Takhamt Lalam pour effectuer des travaux sur la route reliant Agouni Moussi à Tigzirt. Dès lors, Omar Toumi avait, avec ses hommes, tendu une embuscade au village Boukellal, afin de gagner la confiance de Maublanc. Et pour faire preuve de loyauté, il exécuta de temps à autre des mouchards qu’il présenta aux Français comme des fellagas. En 1956, Omar Toumi avait informé le capitaine français que l’ALN allait attaquer le poste de Takhamt Lalam.

    A cet effet, il lui donna un lot supplémentaire d’armes et des fusils éclairants pour lui signaler l’événement. Ainsi, après l’achèvement de son plan, Toumi  convoqua ses hommes supposés «amis» de la France ainsi que les moudjahidine de la région afin de tendre une embuscade au capitaine Maublanc et ses troupes.

    Après avoir tout organisé, le 1er octobre 1956, Toumi  envoya le signal de victoire à l’armée coloniale et le capitaine vint le rejoindre sur les lieux, à Ourthi, à la sortie est d’Iguer N’Salem, et ce, avant de tomber dans un guet-apens. Les violents échanges de coups de feu ont fait une trentaine de morts du côté des éléments de l’armée coloniale  ainsi que le capitaine qui fut grièvement blessé. Il eut la vie sauve en se réfugiant sous sa Jeep. Ce fut une hécatombe pour l’armée française.

    Le lendemain, les habitants du village Iguer N’Salem, pris de panique, quittèrent  leur  village qui fut pillé et rasé par  l’armée coloniale qui engagèrent  une vaste opération militaire dans la forêt d’Agouni Ouzidhoud entre Iflissen et Aghribs. Omar Toumi fut promu aspirant de l’ALN, puis responsable dans la Région III en 1959, avant de tomber au champ d’honneur quelques mois plus tard.  

    SOURCE :

    http://www.elwatan.com/regions/kabylie/tiziouzou/iflissen-toumi-un-heros-de-l-operation-oiseau-bleu-24-12-2015-310537_144.php

     

    PS : Une fois, alors que nous étions un groupe composé de toutes les régions d'Algérie, un jeune compatriote de Constantine aborda l'histoire de la guerre de libération, il disait tellement de choses insensées, que je jugeais de mon devoir de le rappeler gentiment à l'ordre, en lui proposant de lire le recueil de l'historien Mohamed Harbi paru en 1981 sous l'intitulé : "Les archives de la révolution algérienne ". Ce qu'il a fait. Après avoir lu le recueil, il me tint les propos suivants : " D'après ces archives, il y avait que les Kabyles qui avaient fait la révolution". Je lui ai dit qu'il s'agit là des archives collectées par un historien, lui-même membre de cette révolution. Il me dit, ce dernier est un Kabyle. Je lui répondis que non, et qu'il est plutôt de la région de Constantine. Il me répondit qu'il ne lui reconnait pas le statut d'historien. Voilà où en est la haine de tout ce qui est Kabyle.

    3
    Elghoul
    Lundi 30 Mai 2016 à 13:55

    Le Véritable "OISEAU BLEU "
    la force K, c'est la france qui fournissait des armes pour des maquisards berbéristes dirigés par Ouali Bennaï, Embarek Ait menguelet et Amar Ould Hamouda, contre le FLN/ALN, à l'automne 1955 (après l'offensive généralisée menée par Zighoud Youcef.),et le silence total affiché en Kabylie, une opération fut tentée, par les services secrets du SDECE , en Kabylie, chez les Iflissen, l'opération «Oiseau bleu», connue sous un autre nom la «Force K». Le Gouvernement général fait appel au service action du S.D.C.E. pour mettre le projet sur pied. Sur place, en Kabylie, ils envoient Hachiche Tahar, un Kabyle, ami d'un commissaire  parisien de la D.S.T. qui était très proche de Soustelle. Hachiche est chargé de monter l'opération sur le terrain. Le F.L.N. publia, dès le début d'octobre 1956, un tract dans lequel il dénonce toute l'affaire et donne la liste nominative de 264 «patriotes armés par la france», avec, pour chacun, le type d'arme attribué, et le groupe de recrutement. A dater d'octobre 1956, ce fut, dans cette région, la guerre comme dans les autres régions.

      • AXCYL
        Vendredi 30 Septembre 2016 à 15:59

        IdiotiC'est dommage. Il est vrai que la Guerre de Libération Nationale avait pour objectif de permettre aux citoyens algériens des garanties du libre arbitre et d'expression. Mais devant de telles inepsies, la question qui se pose est de savoir s'il y a de véritables citoyens dans cette algérie toujours meutrie. 

         

    4
    Malaucoeur
    Mardi 31 Mai 2016 à 13:20

    Ci-dessous le document de témoignage sur l'opération "Oiseau bleu" menée par le chahid Omar Toumi aux Iflissen - Daïra de Tigzirt-sur-mer (w. Tizi-Ouzou)                                                                                                                                                           https://www.youtube.com/watch?v=7JgXCr-BZfk

    5
    Malaucoeur
    Mardi 31 Mai 2016 à 14:01

     

    Les 5 vidéos du document de témoignage sur l'opération "Oiseau bleu" menée par le chahid Omar Toumi aux Iflissen - Daïra de Tigzirt-sur-mer (w. Tizi-Ouzou)             

    https://www.youtube.com/watch?v=7JgXCr-BZfk

    https://www.youtube.com/watch?v=-1xH9RiCxqM

    https://www.youtube.com/watch?v=YzObqQr0hzU

    https://www.youtube.com/watch?v=N_F-MYikOn8

    https://www.youtube.com/watch?v=YAdOmbV3pVo

     

    Mr Elghoul, vous avez beau triturer l'histoire, mais celle-ci retiendra pour l'éternité que le coup de force de 1962 contre le GPRA constitue un crime contre la mémoire de nos Chouhada. Le diagnostic donné par le roman "le fleuve détourné" de Rachid Mimouni est sans commentaire.

     

      • Elghoul
        Mardi 31 Mai 2016 à 17:55

        @Malaucoeur, Lors des négociations d'Évian en mars 1962 entre le GPRA et la France, il a été décidé de créer, pendant la période transitoire après le "cessez le feu", en Algérie,
        une armée de 40 000 hommes appelée "force locale" composée de harkis et encadrée par des officiers pieds noirs. Cette armée était destinée à devenir l'armée régulière du futur état algérien après la mise à l'écart des Moudjahidine qui ont gagné cette guerre en les renvoyant vers la vie civile, autremement dit une démobilisation obligatoire comme promis par la
        PAIX DES BRAVES deux ans plus tôt. Le plus grave c'est que cette force locale avait pour mission de renforcer les pro-Evian de l'interieur contre les wilaya 1, 2, 5 et 6.

        Ajoutez à cela :
        Maintien de la base navale de Mers el kebir et les

        bases de  Ain Ekker, Reggane et B2 Namous sous
        controle français pendant 15 ans

        Maintiende l'administion en place composée de
        80.000 fonctionnaires dont 65.600 français et 14.400 
        algériens issus de la promo lacoste (1956)

        Maintien du liberalisme économique, respects des
        privilèges et interets de la france et des francais tels
        qu'ils exisaient avant l'indépendance

        Maintien de la prééminence de la langue française et
        promouvoir son developpement

        OU VOYEZ VOUS L'INDEPENDANCE POUR LAQUELLE
        SONT MORTS NOS PARENTS ET NOS ANCÊTRES  ???

        IL FALLAIT DONC AGIR COMME L'ONT FAIT LES ANTI-EVIAN
         (notre Vichy à nous)

    6
    Malaucoeur
    Mercredi 1er Juin 2016 à 01:44

    Ce qui me choque dans la mentalité arabo-islamique, c'est cette facilité de calomnier sans limite l'autre, tout en défendant à tort et à travers quelqu'un de son clan. Que fait-on des propos : "qol el haq oua loue kana mouren". C'est une responsabilité morale, voire religieuse, d'être de bonne foi. Paradoxalement, ce comportement ne trouve pas sa place chez les officiers sanguinaires de l'armée française, citons à titre d'exemple Aussaresse qui a eu le courage d'avouer l'assassinat de Ben M Hidi en échange du retrait de toutes les médailles que le pouvoir officiel de son pays, la France, lui avait attribuées. WALLAHI, c'est bas ce qu'on fait, à savoir : salir quelqu'un qui mérite pour glorifier quelqu'un qui a défailli.     

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    8
    aghilas-kosseila
    Dimanche 4 Septembre 2016 à 12:23

    azfellawen,bonjour,salem.

    -cette contribution est tres reductrice et simpliste juste une dent contre les heros. si la france  ou soustelle etait avec abane ,pourquoi allait chercher un chleuh d'ait-ounir (marrekech) EL-hadj BENELLA a devenir president d'algerie???.pourquoi la france-romaine a tout fait pour maintenir MESSALI EL-HADJ d'origine albanaise ???. vraiment ce fils de pro de TIZI n'AIT-MALEK (tizi-ouzou) natif de batna ou son pére etait un notable ,ce premier ministre acculturé me déçoit !. a voir dans son parti infra comment il a injecté un islamiste notoire ,d'aucun principe ,qui a vadrouilé dans presque tous les partis sans aucune experience ,inconnu meme dans son département de mathematique comme S.G. de cette nebuleuse insignifiante......ce qui m'etonne s'acharner sur LE FEU ABANE alors que d'autres ont fait pire.pour raffrichir un peu les mémoires les militaires français etaient au sahara jusqu'a 1990 et peut-etre jusqu'a nos jours remplacés par LES QATARIS.....et,pourtant en 1990 ABANE etait déja mort. s'etait benbella le chleuh ,boumedienne n'ait-foughal ,et les autres qui etaient aux commandes jusqu'a nos jours avec la benidiction de l'occupant !. il est grand temps que chacun balaie devant sa porte.tout est mensonge juste les traitres devenus des hauts responsables de notre etat veulent salir les héros de notre revolution....un autre complot en marche. dans ce pays on a jamais accepté les justes,les intelectuels par la jalousie des mesquins. 50 ans aprés les héros dérangent toujours les traitres. il faut recrire l'histoire d'une façon impartialle. un jour nos petits enfants seront le faire. abane un grand federateur ,integrateur si MESSALI et ses lieutenant avaient refusés d'integrer F.L.N selon les temoignages de nos parents puisque ABANE etait responsable de SETIF (basse kabylie) qui relie le tanazruft (sahara),la grande kabylie jusqu'au dahra et la kabylie orientale (CONSTANTINOIS ) il avait laissé que de bons souvenirs qu'il repose en paix (assifk rabi talwit). tanmirt ar timlillit.

     

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