• BEN BOULAID Mostefa (1917-1956)

    BEN BOULAID Mostefa (1917-1956)

    BEN BOULAID Mostefa (1917-1956)

    Dirigeant de la Wilaya 1 (1954-1956)

    Fils de Ahmed Ben Ammar et de Aïcha Aberkane, né le 5 février 1917 à Inerkeb, près d’Arris dans les Aurès, au sein d’une famille de petits propriétaires fonciers et de commerçants.

    Il succède à son père et devient meunier de profession. En 1937, il émigre en France, à Ville Rupt en Meurthe et Moselle où il devient syndicaliste et revient au pays au mois d’avril 1938.1

    Mobilisé en 1939, il fait la guerre dans l’armée française, est réformé pour blessure en 1942, il sera remobilisé en 1943-1944 à Khenchela, ou pendant la campagne d'Italie, il se distingue par son courage et sa bravoure, ce qui lui vaut la médaille militaire et la croix de guerre.

    Adjudant, rendu à la vie civile, il devient président de la corporation des marchands de tissus de l’Aurès. A la même époque, il obtient une licence pour exploiter une ligne de cars entre Arris et Batna.2

    Mostefa Ben Boulaid adhère au P.P.A.-M.T.L.D. en 1946 il se présente le 4 avril 1948 aux élections à l’Assemblée algérienne et élu triomphalement avec plus de 10 000 voix, mais sera privé de sa victoire au profit du docteur Abdesselam Benkhellil, condidat de l'UDMA.3

    Il est l'un des principaux responsables de l’O.S, dans les Aurès où il accumule un important dépôt d’armes qui servira le 1er novembre 1954.

    Membre du Comité central du M.T.L.D., (1953), dans la scission qui secoue le parti en 1954, il essaie vainement de convaincre Messali Hadj de taire ses divergences avec la direction du parti pour engager le M.T.L.D, dans la voie de la lutte armée. A cet effet, il se rend à Niort voir Messali, du 23 au 26 février 1954. Il échoue dans cette tentative.

    Il sera membre fondateur du C.R.U.A. et l'un des membres du «Comité des six» chefs insurrectionnels, qui après avoir reporté ses espoirs sur les centralistes il rompt avec eux, convaincu de leur refus du recours à l’action militaire et hypothèque ses biens pour financer la révolution.

    Il est à la tête de la direction des opérations au déclenchement de la Guerre d'Algérie le 1er novembre 1954 dans la région des Aurès, aider par ses adjoints Chihani Bachir, Abbes Laghrour et Adjel Adjoul.

    Le 24 janvier 1955, il entreprend à pied un long voyage qui doit le mener à Tripoli pour acheter des armes, accompagné de son guide Amar Mistiri. Il est arrêté le 12 février 1955 dans la région de Benguerden à la frontière tuniso-libyenne.

    Lors de son procès le 22 juin 1955, il exprime son attachement au programme du M.T.L.D, et les messalistes revendiquent son appartenance au M.N.A. Mais rien ne permet d’étayer cette affirmation, si ce n’est une lettre transmise à Messali par l’intermédiaire de son avocat, Maître Stibbe. Une lettre qui n’est jamais parvenue aux mains de son destinataire, mais à Abane Ramdane.4

    Toutefois, le soupçon d'entretenir des relations interdites avec le M.N.A. est à écarter, affirme Serge Bromberger que tous ses entretiens auraient nié ces faits.5

    Rapidement jugé et condamné à mort, il s'évade avec douze de ses compagnons (19 selon d'autres sources) le 14 novembre 1955 de la prison du Koudiat de Constantine, avec entre autres Ahmed Bouchemal, Brahim Taïbi, Mohamed Lahifa, Hamadi Krouma, Tahar Zbiri, Lakdar Mecheri, Mohamed Meziani, Hocine Arifï, Slimane Zaidi et Ali Hafatri. et regagne le maquis Aurésien, meurtrie -en son absence- par une série d'évènements fratricide (l'entrée en dissidence d'Omar Ben Boulaïd, de Aïssi Messaoud et de Ali Kerbadou et sa reddition par la suite, ainsi l'exécution de Chihani Bachir... etc.).6

    Aussitôt de retour à la tête de l'Idara (l'état major), aussitôt Mostefa Ben Boulaïd part à la reconquête de l'unité des rangs et à la réorganisation de l'ensemble des secteurs Aurès-Nememcha.7

    Une mission qui mènera en s'appuyant non seulement sur discours rassembleur, sa réputation de chef historique, père de la révolution dans les Aurès, mais aussi d'une poigne de fer en établissant des tribunaux militaires de l'ALN/FLN, une mission qui n'ira pas à son terme, victime d'un émetteur-récepteur piégé parachuté sur Djebel Lazrag par le 2ème Bureau français (services spéciaux), il trouve la mort le 23 mars 1956.

    Sa disparition précoce et tragique longtemps gardé au secret, sera injustement amputé à Adjel Adjoul, rumeur d'abord propager par ses concurrents (Omar Ben Boulaid, ...), elle sera ensuite véhiculer par Ben Tobbal pendant le congrès de la Soummam, puis repris par la commission dépêchée par le C.C.E. dans la région Amirouche à sa tête.

    Réalisé par Ahmed Rachedi, un film retraçant le parcours de Moustefa Ben Boulaïd sera produit en 2008, en collaboration avec le ministère des Moudjahidines, le ministère de la culture et l'entreprise "Missane Balkis films", un film qui s'est vu décerner l'Olivier d'or du meilleur film historique en (déc. 2009).8

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    1. Dictionnaire de la révolution Algérienne (1954-1962), Par Achour Cheurfi.
    2. Dictionnaire biographique des militants nationalistes algériens, Benjamin Stora.
    3. Histoire de l'Algérie à la prériode coloniale, Ounassa Siari Tengour et Autres.
    4. Le MNA: Le Mouvement National Algérien (1954-1956), Par Nedjib Sidi Moussa,Jacques Simon.
    5. Les rebelles algériens, Serge Bromberger
    6. Témoing de la révolution dans les Aurès, Par Mlaili Mohammed Sghir.
    7. Les tamiseurs de sables, Aurès-Nememcha 1954-1959, Par Mohamed-Larbi Madaci.
    8. http://www.algeriades.com/news/previews/article1923.htm
     
     

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  • Commentaires

    1
    hamoudi
    Dimanche 28 Avril 2013 à 20:37
    Mostefa ben Boulaid a été poussé peut on dire malgré lui à déclancher la révolution. Il savait la tragique impréparation de la population , le manque de moyens , l'absence de programme ,la versatilité des miltants. Le démarrage de la lutte, au début laborieux, a été grandement aidé par la répression coloniale. Des gens qui auraient allègrement continué leur petit train de vie dans la société coloniale ont en fait été poussés vers la rebellion par les méfaits des forces d'occupation françaises.
    2
    Dimanche 28 Avril 2013 à 22:00

    Le FLN a était pressé par le MNA, les centraliste qui menassé de faire foiré la révolution!!

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