• Congrès de la Soummam, Abane RamdaneIl fallait prévoir la sécurité des grands patrons qui allaient se réunir quelque part en Kabylie. La grande conférence -Abane disait même congrès- allait s'ouvrir en juillet, pense Si Sadek, ce 15 juillet 1955. Tous les chefs de zone et les représentants de l'extérieur devaient se réunir pour la première fois depuis le déclenchement de la révolution.
    Sadek, Si M'hamed, commissaire politique, et Si Chérif, un homme du Sud à qui on avait confié la zone 6 (Sahara), devaient être du voyage. Sadek composa l'escorte: quarante hommes armés et quatre F.M. de protection. Il prévoyait trois semaines de voyage pour gagner l'épaisse forêt qui couvrait les pentes de la chaîne des Bibans où devait se tenir la conférence. Trois semaines pour faire à pied les cent cinquante kilomètres à vol d'oiseau qui séparaient Palestro de Bordjbou-Arreridj, il fallait bien compter cela car sur ces cent cinquante kilomètres il allait falloir passer à travers le tiers de l'armée française. A pied. Et de nuit.
    Faire le bilan de vingt mois de révolution, critiquer certaines méthodes employées, en préconiser d'autres et surtout unifier le commandement, tel était le but que s'était fixé Abane en convoquant un congrès.

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  • Ahmed Zabana, aux origines de la bataille d'AlgerRobert Lacoste avait refusé la grâce. Le 19 juin à l'aube, une affichette blanche fut collée sur la porte d'acier de la prison de Barberousse. C'est un boulanger de la Casbah qui de son magasin aperçut le premier l'affiche dégoulinante de colle. Il savait que cela signifiait qu'une exécution capitale aurait lieu dans la journée. Il traversa le boulevard et lut:
    «Zabana Ben Mohamed et Ferradj Abdelkader, condamnés à mort par le tribunal militaire, seront exécutés à la prison de Barberousse le 19 juin 1956. »
    Lacoste venait de céder à son opinion publique. S'il voulait réussir ses réformes, s'il voulait faire avaler le collège unique aux Européens qui ne voulaient pas l'accepter, il devait se montrer ferme et faire exécuter quelques condamnations à mort décidées par le tribunal militaire et réclamées par la population européenne.

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  • Ali LapointeEn décembre 1955, Au Gouvernement général, après l'échec complet de l'opération Yacef sur laquelle on comptait pour obtenir des renseignements précieux sur les milieux F.L.N., on écouta avec un vif intérêt la proposition de l'ancien sous-préfet de Guelma : Achiary.

    Celui-ci, connaissant parfaitement le « milieu » de la Casbah, proposait de le prendre en main, de l'organiser et de le mettre au service de la lutte anti-F.L.N. Le plan est habile. En liaison avec certains policiers les plus importants et les mieux informés d'Alger, Achiary entreprit de convaincre les hommes du «milieu». Ce n'était pas très difficile d'autant que les commissaires d'Alger s'en servaient déjà pour des missions de police ordinaires. Achiary « contrôlait » pour sa part les frères Hamiche qui avaient été libérés alors qu'ils purgeaient une peine importante; Mostefa, «reconnaissant», mit la tribu Hamiche à la disposition. Et qui tenait Hamiche tenait le reste. Une très belle brochette fut placée dans la confidence: une ère de prospérité allait s'ouvrir si on acceptait de lutter contre le F.L.N. «D'autant, souligna Achiary, que si le F.L.N. gagne, la révolution vous balaiera! Ils empêchent déjà de boire, de fumer, de s'amuser... » Les frères Hamiche, les frères Hoya, Hacène le Bônois, Bud Abott, dit Boualem Buvette, Youssef Vintaï, et aussi les hommes de Vincent la Rascasse et de Jo Menella, des vieux durs à cuire qui connaissaient le « marché électoral » comme une source épisodique mais certaine de rentrées importantes, entendaient pareil langage. Les compensations seraient considérables.

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  • Un forgeron et le 8 mai 1945

    Par Hamou AMIROUCHE
    Un forgeron et le 8 mai 1945"L'indépendance ne se donne pas, elle s'arrache",ne cessait de répéter mon père, forgeron de profession, militant nationaliste de l'Etoile nord-africaine, puis du PPA-MTLD, quelques jours avant l'insurrection du 8 mai 1945.
    Il tenait en main un fusil de guerre, le caressait amoureusement, le démontait, le graissait et le remontait l'espace d'un éclair.
    Le 11 mai 1945, un peloton de soldats français et de Tabors marocains firent irruption dans notre demeure à Tazmalt, découvrirent l'arme et se mirent à le battre avec une sauvagerie inouïe. Ma mère, mes frères et moi, témoins forcés et impuissants, ne pouvions leur opposer que nos larmes.

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  • DEMONSTRATION DE FORCE, Massacres de Sétif, Guelma et Kherata.

    Par CHABANE NORDINE

    mai 45, Massacres de Sétif, Guelma et Kherata, arriver des renforts le 09 maiUn défilé est organisé pour fêter la fin des hostilités et la victoire des Alliés sur les forces de l'Axe. Les Partis nationalistes algériens, profitant de l'audience particulière donnée à cette journée, décident par des manifestations d'abord pacifiques de rappeler leurs revendications patriotiques. Mais à Sétif un policier tire sur un jeune scout, Bouzid Saâl, jeune musulman de 26 ans, qui tenait un drapeau de l'Algérie et qui tomba sous le coup. A la constatation de sa mort se déclenche une émeute meurtrière des manifestants, avant que l'armée française n'intervienne.

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